Points de vue

La recherche au service de la santé humaine et animale

Michael O. Hengartner
Président de swissuniversities

L’initiative populaire fédérale «Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine» est radicale: elle veut interdire la recherche impliquant des expérimentations animales et humaines, rendre punissable l’expérimentation animale et interdire l’importation de produits dont le développement a fait directement ou indirectement l’objet d’expérimentation animale ou humaine.

Quels sont les enjeux de cette initiative? La santé des citoyens et des animaux en Suisse, car à l’avenir ils ne pourraient plus bénéficier des traitements et des médicaments développés au moyen de la recherche. Aujourd’hui, grâce au progrès de la médecine humaine et animale, de plus en plus de maladies sont soignées, des souffrances sont atténuées et des vies sont sauvées.

L’initiative remet également en question les bases légales actuelles, les principes éthiques et les instances de contrôle. La Loi fédérale sur la protection des animaux (LPA) et la Loi fédérale relative à la recherche sur l’être humain (LRH) font partie des plus strictes au niveau international. La Suisse dispose aujourd’hui d’institutions de recherche d’excellence qui s’assurent que le développement de traitements respecte les principes juridiques et éthiques élevés de la Suisse. L’initiative menace non seulement la Suisse en tant que place de formation et de recherche, mais aussi notre capacité à mettre à disposition de la population suisse des soins médicaux de pointe.

Accord-cadre: pas d’action précipitée

Christian Wasserfallen
Conseiller national, président du Team politique FUTURE

Le projet d’accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne (UE) fait couler beaucoup d’encre. Avec lui, le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI) se retrouve au cœur du débat sur la politique européenne de la Suisse. Le projet ne couvre pas formellement le Domaine FRI. Mais il est probable que l’UE menace de nous exclure de ses programmes de recherche pour exercer une pression et obtenir l’accord-cadre. Une exclusion aurait des conséquences néfastes: nous l’avons vécu entre 2014 et 2016 avec Horizon 2020, après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse.

Des relations stables avec l’UE sont la condition pour permettre à nos scientifiques de participer aux plus grands projets de recherche du continent. La participation de la Suisse est aussi dans l’intérêt de l’UE, car nos hautes écoles ont de grandes qualités. Mais la raison m’impose d’éclarcir certains points critiques de l’accord-cadre. En particulier, la nouvelle clause guillotine, la position dominante de la Cour de justice européenne et la question des droits des citoyens de l’UE dans le domaine social posent problème.

Parapher un accord-cadre insatisfaisant ne permettrait pas de préserver durablement les intérêts du Domaine FRI. Car in fine, un non du peuple et des cantons
à l’accord-cadre pourrait signifier une exclusion cette fois définitive des programmes de recherche.